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Vous avez dit : « ALLIANCE »  ?

"Recevoir"

 

 

Il nous arrive d'entendre : « Je ne dois rien à personne ! ». Celui qui parle ainsi passe sous silence sa naissance qu'il doit à ses parents, il omet que ce n'est pas lui qui a créé son souffle :

Voir psaume 103 :

"Tu reprends leur souffle, ils expirent ... Tu envoies ton souffle :
ils sont créés ..."

ou encore Ezékiel 37, 1-14 

« Je vais faire entrer en vous l'Esprit, et vous vivrez. Je vais mettre sur vous des nerfs, vous couvrir de chair, et vous revêtir de peau ;
je vous donnerai l'esprit et vous vivrez.
Alors, vous saurez que je suis le Seigneur ... »

Il oublie aussi que ce n'est pas lui qui a créé son intelligence, son système cardiovasculaire, etc. ...

Il néglige ce qu'il reçoit de la nature : l'air, l'eau et tous les fruits etc ... Ayons à cour de relire :

Genèse 1,1-2, 2 (récit de la création, entendu à la Veillée Pascale)

« Et Dieu vit que cela était bon. »

Il oublie aussi qu'il n'a pas eu à refaire lui même toutes les découvertes de l'humanité.
Quoi qu'il en dise, il n'aurait rien fait s'il n'avait pas tout reçu en cadeau.

Les cadeaux sont appréciés parce qu'ils sont le langage de l'amour.

Par exemple, lors des mariages, chaque fiancé dit à l'autre :

« Je te reçois comme époux ... comme épouse », c'est à dire : « Tu es un cadeau pour moi. »

Si l'on veut bien l'avouer, nous ne vivons que parce que nous recevons des cadeaux :


de celui-ci sa confiance,
de celui-là son enseignement,
d'un autre son respect,
d'un autre son pardon,
d'un conjoint le merveilleux : « Je t'aime. » ...

Cependant dans notre société riche, nous connaissons des personnes humiliées de recevoir ; elles redoutent de devoir rendre l'appareil ; ou bien, si elles ont besoin de recevoir (ex : Restaurant du cour), elles le font dans la plus grande discrétion.

Celui qui reçoit témoigne d'une forme de pauvreté de cour.

 

En affirmant qu'ils reçoivent tout de Dieu, l'Église ne veut pas humilier les fidèles.

Elle veut qu'ils admirent le fait que Dieu les prend pour ses enfants et leur dit :

« Tout ce qui est à moi est à vous. »
Luc 15
, 31

tandis que les démarches païennes cherchent à rendre les dieux favorables aux hommes, la foi chrétienne professe que Dieu est paternel, elle commence donc par l'accueil des dons.

 

La foi est reçue de Dieu ;
L'Évangile est reçu de la Tradition (1 Co 11, 23)  ;

 


Les manières de prier sont reçues des aînés (les rituels chrétiens comme les rituels humains -comme par exemple la Marseillaise à chaque manifestation- sont transmis ).
Les Sacrements sont reçus de l'Église (Ex : on ne se baptise pas, on reçoit le Baptême).

Ainsi la liturgie n'est pas d'abord le lieu où le fidèle s'exprime mais le lieu où s'imprime en lui le mémorial des cadeaux de Dieu.

En allant à la messe, nous pourrions penser que la relation avec Dieu part de l'homme puisque nous faisons l'offrande de notre vie avec celle du Christ . Or, nous constatons, recevons à chaque Eucharistie des paroles de croyants disant qu'avant que nous aimions Dieu,

« lui nous a aimés le premier. » ( 1 Jean 4, 10)

ou encore le Psaume 103, 27-28 :

«  Tu ouvres la main, eux (= les hommes) , ils ramassent ;
tu ouvres la main , ils sont comblés.»

Puis la lecture de la 1ère lettre aux Corinthiens :

« Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? »
1 Co 4
, 7

et le commentaire du prêtre citant l'Évangile de Jean 1, 16 : "Nous avons reçu grâce après grâce ..., le baptême, le pardon , la loi d'amour... ,
ainsi que la parole de Jésus à la Samaritaine :

« Si tu savais le don de Dieu. »
Jean 4,
10

À l'introduction du Notre Père, nous entendons : « Comme nous l'avons appris du sauveur ... »

Nous comprenons alors que la relation part de Dieu et les fidèles ont tout à recevoir, conscients des dons reçus, nous tendons nos mains comme des mendiants au moment du Notre Père et lorsque nous nous présentons pour communier.

 

Du coup, celui qui participe activement prend d'abord la posture qui permet de recevoir.

Les fidèles prennent des positions qui permettent de recevoir : assis, ils sont mieux disposés à écouter la Parole ; les mains tendues, ils manifestent leur désir de les voir être remplies .

Puisque tu as voulu, Seigneur, que ton Fils fût crucifié pour nous
afin de nous arracher au pouvoir de Satan, fais que nous puissions recevoir la grâce de la Résurrection lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit maintenant
et pour les siècles des siècles  AMEN !
(voir oraison vendredi matin de Pâques, liturgie des heures)

Voir aussi : SNPLS - Magazine Célébrer n° 366

 


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