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Vous avez dit : « ALLIANCE »  ?

 

"Sentir"

 

 

Notre corps « sent » les saisons différentes : « Ça sent le froid ... Ça sent le chaud ...  »

Ça « sent » bon : «  le bois / les fleurs / les herbes (thym, sauge, mélisse, reine des prés ...)

La création fait vivre nos sens : yeux / oreilles / toucher / goûter / sentir ... Le croyant éprouvera la joie de rendre grâce à Dieu dans tout son être pour sa création si belle et vivante ...

Nous entendons d'autres expressions : « Tu sens bon !  C'est quoi ton parfum ? Où l'as-tu acheté ? Combien l'as-tu payé ? » ... Ainsi des personnes entendent se particulariser par un parfum original. Le parfum est ainsi lié à l'identité.

Ce qui conduit à recourir au vocabulaire de l'odorat pour qualifier certaines situations. On connaît, en effet, les expressions comme : « Ça sent la magouille ...  Cette personne-là,  je ne peux pas la sentir ... ».
On sait que pour signifier les vertus éminentes, on parle de « l'odeur de sainteté » et pour dire le recours prochain à un cercueil, on dit : « Ça sent le sapin ! ».

Le lien entre l'identité et l'odeur est souligné par le fait que le mot « essence » dit à la fois le parfum et la nature des choses. Cependant l'usage du parfum dans la vie quotidienne garde quelque chose de cultuel.

En effet, n'étant pas vital, le parfum est de l'ordre de la gratuité de la grâce et une fois répandu, on ne peut pas l'empêcher de se diffuser.
Ceux qui font brûler des bâtons d'encens sont souvent séduits par le mouvement ascensionnel de la fumée.


 

Par le parfum de l'encens qui embaume l'église, les fidèles font la différence entre leur lieu de prière et leur lieu de vie : le parfum qualifie l'espace de célébration.

Parce qu'elle monte, la fumée de l'encens est le symbole des prières des hommes qui montent en offrande vers Dieu (Ap 5, 8). L'encens est lié à l'acte d'offrande : Zacharie était chargé de l'offrande de l'encens (Luc 1 , 9) ;

« Le Christ s'est offert à Dieu comme un parfum d'agréable odeur. » (Ep 5 ,2)

Cet offrande se fait dans les liturgies catholiques et orthodoxes pour honorer l'autel, la croix, le livre de la Parole, le célébrant, l'assemblée puis le pain et le vin ; c'est à dire les symboles de la présence du Christ.


Aux funérailles l'offrande de l'encens, près du corps du défunt, affirme que le corps a été le temple du Saint-Esprit.

Parce qu'ils sont immatériels, les parfums renvoient au Dieu invisible et à son Christ (mot qui signifie « parfumé par l'huile ») qui, en disant « Ne me retiens pas. » (Jean 20 ,17), avertit que sa présence cesse d'être perceptible par le toucher et devient repérable par un certain « sentir ».

Parce qu'ils ne peuvent pas être contenus, les parfums évoquent la liberté de l'Esprit-Saint que nul volume ne peut enfermer.

« Le vent souffle où il veut ... Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit. » ........................................ .(Jean 3 ,8)

Puisque les parfums ont une fonction d'identification, le saint-chrême (huile parfumée) exprime l'identité des fidèles : ils appartiennent au Christ et sont identifiés par leur manière de vivre comme un parfum : «  Vous êtes la bonne odeur du Christ. » (2 Co 2, 14-17).

Ce qui peut se traduire ainsi : on verra que vous êtes des disciples si votre comportement sent bon la justice, la paix, le don de soi ... comme c'est le cas pour le Christ.

Le saint-chrême exprime la mission du fidèle baptisé, confirmé et éventuellement ordonné.

 

 

Identité, liberté, offrande, relation non corporelle avec le christ ... Ces notions montrent l'intérêt des parfums dans l'acte liturgique.

Quelle place prévoyons-nous dans les célébrations pour l'olfactif
à côté du visuel et du sonore ?

Faire vivre nos sens permet de s'adresser non seulement à l'intelligence des fidèles, mais à leur personne entière, n'est-ce pas une attention qui participe à l'écologie définie par l'encyclique "Laudato Si" ?

 

Pour que le message olfactif soit livré, il est bon de vérifier la qualité des parfums ; l'encens est-il agréable ? Ou fait-il tousser ? Le Saint Chrême est-il conservé dans un beau récipient assez bien fermé pour que l'arôme soit conservé pendant un an ?

Prendre soin « du matériel » afin de permettre la rencontre du Christ par la propreté, la bonne odeur, n'est-ce pas une attention qui participe à l'écologie définie par l'encyclique "Laudato Si" ?

Le Saint Chrême est symbole du Saint-Esprit : est-il conservé dans un lieu digne ? L'apporte-t-on à la célébration avec l'honneur qui lui revient ? L'onction est-elle faite sur tout le front du nouveau baptisé et du nouveau confirmé ou seulement par une discrète croix ? Fait-on bien attention à ne pas essuyer l'huile sainte (ce qui en fait disparaître toute trace).

Respect, dignité, propreté, habiter nos gestes, n'est-ce pas une attention qui participe à l'écologie définie par l'encyclique « Laudato Si » ?  

L'encensoir est certes est un objet moins essentiel que le pain et le vin, mais il a été parfois abandonné ... ou utilisé seulement aux enterrements ? Le mot encens vient du latin « incendere ». Il ne suffit donc pas de manier un encensoir et de faire entendre les cliquetis de ses chaînes ; il faut encore qu'il fume ! Que le charbon soit bien sec, pour qu'il soit bien allumé et qu'il permette à l'arôme de l'encens de se propager.


Les laïcs qui conduisent la célébration de funérailles peuvent (doivent) honorer le corps du défunt avec l'encens.

Honorer les personnes, n'est-ce pas une attention qui participe à l'écologie définie par l'encyclique « Laudato Si » ?

 

Vivre l'encyclique « Laudato Si » : n'est-ce pas vivre l'Alliance Aujourd'hui ?

 

Voir : « SNPLS - Revue Célébrer n°370 »

 


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