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Vous avez dit : « ALLIANCE »  ?

 

"Voir ? "

 

La prière chantée nous aide-t-elle à voir pour croire ?

 

« Ouvre mes yeux, Seigneur aux merveilles de ton Amour,
Je suis l'aveugle sur le chemin : Guéris-moi, je veux te voir. »
(CNA 424, 699)

« Le jour viendra où dans ma propre chair, je verrai Dieu mon Rédempteur. »
(CNA 740,743)

« Ta vie me prend et m'emporte joyeux, ton sang me prends et je rouvre les yeux, je vois tes mains mon Seigneur dans les cieux, je vois tes mains mon Seigneur et mon Dieu. »
(CNA 742)

« L'Eau qui t'a donné la vie lavera ton regard et tes yeux verront le Salut de Dieu. »
(CNA 743, 744)

« Je crois que ton regard ne peut me décevoir. »
(CNA 737)

« Ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. »
Psaume 50

etc ...

 

La prière chantée est-elle là, pour nous façonner, nous imprégner et nous donner de VOIR ?

 

"Voir" aide-t-il à faire Alliance ?

 

Dans la vie, nous organisons des repas de fête et nous soignons le « VOIR » pour que les invités s'y trouvent bien.
La salle est propre, la table décorée par sa nappe et ses fleurs, tout le visible est beau, repose l'esprit car simple, sobre, désencombré ...

 

Il en est de même quand les croyants entrent dans une église pour se rendre à la messe.

Le hall d'entrée étant propre, aucune affiche périmée, aucun panneau défraîchit, agréable à regarder, il met le cour des Chrétiens dans la joie. Il est facile de se saluer même sans se connaître car la beauté donne d'emblée une bonne ambiance.

 

Au Baptistère, aucune toile d'araignée, l'eau rappelle le don de la vie reçu au Baptême, l'art des vitraux, la beauté des couleurs et des formes saisissent le cour et incitent à y revenir pour y chercher les scènes bibliques et vivre une vraie catéchèse.


Les carnets de chants
rangés avec soin donne de voir une Église Vivante, habitée par une communauté qui prend des « outils » nécessaires à la prière.


Du fond de l'église, les regards se laissent attirés par « ses deux tables » : l'Autel et l'Ambon, des chaises disposées de toute évidence
pour des gens qui viendront se nourrir à ces deux tables.


Un Siège
nous indique que l'Assemblée sera présidée ; tout le mobilier
prépare l'âme à ce qui va se vivre.


Le prêtre, vêtu de son aube blanche, nous a fait penser au baptême,
son étole et sa chasuble dit la couleur du temps liturgique, comme un signal pour nous mettre dans le ton.


Nous voyons des gestes simples : Signe de la croix, fraction du pain, d
'autres accomplis selon un cérémonial articulant paroles et actions.


Des postures
 : inclinations et génuflexions suggèrent la conscience de la supériorité de Dieu, les processions insinuent que la Foi est un déplacement, que le croyant va à la rencontre de son Seigneur ; des
Gestes d'offrande faits par les fidèles et par le prêtre ; des mains tendues pour prier ...

 

Nous voyons une mise en scène rituelle en devinant que, puisqu'il n'y a pas de public et puisque les personnes ne faisaient pas semblant, ce n'était pas du théâtre. Mais nous pouvons nous demander l'utilité de voir cela pour appeler à la Foi et à la Conversion.

Autrement dit : Propreté ? Beauté ? Sobriété ? Simplicité ?... donnent-elles le goût de faire Alliance avec notre Créateur Père, Fils, Esprit ? Ouvrent-elles la Rencontre avec les humains ?

 

 

Cinéma, télévision, internet, portables ... nous submergent d'images, imprègnent notre inconscient, n'atteignent notre conscience que si nous regardons attentivement : il ne suffit pas de voir, il faut regarder.

De nos yeux, nous évaluons la sincérité des gestes :

« Il ne m'a pas regardé en me saluant » : nous percevons ce que les mots ne disent pas : « J'ai vu qu'il a des soucis. » et nous nous fions à nos yeux pour dépasser notre doute : « Je demande à voir ! »

 

Devant une peinture, comme je l'énonçais au début, nous devenons actifs, nous laissons les formes et les couleurs mettre en route notre imagination et nous allons au-delà de ce que nous voyons.

Dans le monde des signes, rien n'est insignifiant et surtout pas pour l'oeil.

 

 

La liturgie porte attention à ce qui se voit : en effet, comme saint Jean le répète, les signes conduisent à la Foi.  « Venez et vous verrez.» (Jean 1,39) dit la liturgie à ceux qui demandent : «  Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir et te croire ? » (Jean 6, 30)

 

Les Sacrements conduisent les fidèles du visible à l'invisible.

Outre l'édifice, les meubles, les objets et les couleurs, la liturgie donne à voir un corps communautaire - l'assemblée - fait de corps manifestement en présence du Sauveur :

Corps orientés vers la croix, vers l'autel ou vers l'ambon,
debout comme des ressuscités,
assis pour écouter la Sagesse,
inclinés ou agenouillés par respect,
marchant pour la rencontre,
bras levés pour la prière ou l'offrande,
mains jointes pour la prière,
étendues pour appeler l'Esprit,
tendues pour donner la paix,
ouvertes pour « faire un trône » au Seigneur qu'elles accueillent (Saint Cyrille de Jérusalem),
occupées à bénir.

Ce corps communautaire en démarche de rencontre est pour nous une Parole de Dieu. Il nous révèle quel genre d'homme il veut créer.

 

L'homme n'est jamais autant lui-même que dans la liturgie où il donne à voir dans son corps sa relation avec Dieu.

 

Nous voyons surtout le corps eucharistique du Christ, le pain et le vin consacrés. Ils sont parole de Dieu, ils nous parlent et demandent à ce que nous n'en restions pas à ce que nous voyons. Saint Augustin exprime cette nécessité :  « Ces mystères portent le nom de Sacrement parce que l'apparence ne correspond pas à leur réalité profonde.»

 

Que voit-on ?

 

Le sacrement est fait d'une réalité visible (du pain, de l'eau qui coule, une parole ...) mais qui a l'aptitude de dire la présence d'une réalité invisible à condition que la personne ait été initiée à associer la réalité visible et la réalité invisible.

Dans le domaine profane, un tissu bleu, blanc, rouge, certains diraient : "C'est du coton, c'est du nylon et ne verraient pas d'inconvénient à ce qu'on en fasse une serpillière , mais les français disent : « C'est notre nation » et ils ne supporteraient pas qu'on en fasse une serpillière.
Une photo, certains diraient : « C'est un bout de carton avec un dessin et ça ne les gènerait pas de la déchirer mais les gens de la famille disent « C'est la grand mère. » et ils seraient offensés si on déchirait la photo.

Dans le domaine de la liturgie : l'eau c'est de l'eau, le pain c'est du pain, l'huile c'est de l'huile.

Mais pour celui qui a la Foi, l'eau c'est la présence du Christ sorti de la mort et donnant la vie, le pain c'est le Christ qui nourrit son peuple, l'huile c'est le Saint-Chrème qui en imprègnant suggère que la personne est imprégnée du Saint Esprit ...

Bref, le croyant voit une chose (de l'eau, du pain) et il en croit une autre (c'est le Christ).

 

 

1 - Beaucoup de ceux qui soignent l'expression verbale du message chrétien oublient que les mots ne sont pas seuls à parler. Les comportements disent parfois le contraire des mots. La qualité artistique des objets, la vérité des attitudes, la dignité des comportements ne sont pas superflus. Ils expriment que l'enjeu est la rencontre de Dieu.

Sans oublier la propreté de l'église et des tissus ...


Chercher tout ce qui, sans mot, parle de la venue du Christ.

 

2 - Le lecteur qui proclame l'Évangile sur un feuillet rend vaine l'affirmation du caractère précieux de la Parole.

Le décorateur qui utilise l'autel de la Présence comme support d'un panneau détruit le symbolisme de l'autel.

Le sacristain qui transforme un baptistère en lieu de rangement contrarie la prédication du baptême.

L'animateur qui se fait plaisir en chantant dans le micro couvre totalement le chant de l'assemblée, empêche de vivre la célébration comme une action commune.

 

Chercher ce qui s'offre à la vue et qui contredit nos mots.

 

3 - Le corps est un «  symbole », car il se trouve en situation de médiation entre la personne, l'assemblée et Dieu.

Par ce qu'il manifeste, les autres perçoivent quelle relation nous avons avec Dieu et avec les frères.

Comme les personnes présentes dans le sanctuaire influencent celles qui sont dans la nef, ces dernières influencent ses voisins.

En nous voyant,
est-ce que les autres comprennent que nous sommes en présence du Sauveur ?

 

4 - On va du visible à l'invisible. Cette affirmation peut surprendre ceux qui pensent que la liturgie fait exprimer la relation au Christ préalablement établie.

 

Or les signes conduisent à la Foi et la nourrissent. La liturgie, par ses rites, vise l'impression en nous des Paroles de Dieu et non pas l'expression de nos sentiments.

En avez-vous fait l'expérience ?

 

 


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