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Icônes de la Visitation

 

Quelques repères

Dans cet épisode qui suit l'Annonciation, la Vierge, déjà enceinte du Christ, vient faire une visite à sa cousine Élisabeth: quoique déjà fort avancée en âge, cette dernière est enceinte du futur Jean-Baptiste. En constatant cette naissance miraculeuse, Marie conforte sa confiance dans le message de l'ange.

La Visitation est un thème assez secondaire, aussi n'est-il pas très populaire dans l'art. Il fut cependant mis au goût du jour par les révélations d'une voyante allemande du XVe siècle. La scène est toujours construite de la même façon: deux femmes, dont l'une est visiblement enceinte, se penchent l'une vers l'autre. La distance entre elles peut varier et dépend de l'évolution de l'expression des sentiments dans l'art. Dans l'art gothique, les deux femmes sont à une distance respectueuse puis, à partir du XIVe siècle, elles se rapprochent jusqu'à s'étreindre avec affection. Sous l'influence du culte marial, Élisabeth en vient, à partir du XVe siècle, à s'agenouiller devant Marie qui esquisse parfois un geste pour la relever. Elle peut aussi poser une main sur le ventre encore plat de Marie, dans une intuition prophétique de ce qui est pour l'heure invisible.

Comme dans la Visitation de Nicolas Halins, la grossesse d'Élisabeth est fréquemment marquée par une ceinture portée haut, sous les seins: c'était la coutume ancienne que ces deux élégantes du XVI ème siècle, qui se saluent d'un gracieux geste de la main, ne pouvaient pas ignorer.

À la fin du Moyen Âge, certains peintres représentèrent par transparence la grossesse in utero pour coller au texte, qui dit que l'enfant d'Élisabeth tressaillit de joie dans le ventre de la mère : ce sont alors deux petits personnages qui sont représentés dans les ventres des deux femmes, l'embryon Jésus allant même jusqu'à bénir l'embryon Jean-Baptiste.
Dans certaines représentations, les deux femmes sont accompagnées par leurs maris respectifs : Zacharie pour Élisabeth et Joseph pour Marie.

[Reconnaître la Vierge Marie dans l'art, Hors série du Pèlerin]

 

Une icône de la Visitation pas ordinaire :

de Victor Fakhoury

 

La Visitation (Arcabas)

Arcabas a peint quatre fois La Visitation. Cette toile où les deux femmes sont représentées en buste se trouve à Saint-Hugues, l'église qu'il a entièrement décorée et qui reçoit plus de 100 000 visiteurs par an. Les noms de Marie et Élisabeth sont inscrits en rouge le peintre sait bien que beaucoup de visiteurs ne sont pas croyants. Il dit sa foi avec ses pinceaux, et il a le souci de peindre pour tous, d'offrir des oeuvres accessibles au plus grand nombre.

Les deux femmes s'embrassent. Elles sont heureuses de se revoir. Le fond sombre met les deux profils en valeur. Les deux mains qui se détachent, elles aussi sur le fond, expriment la communion entre Marie et Élisabeth. Arcabas a voulu insister sur leur rencontre.

Marie est peinte avec des couleurs chaudes cheveux bruns et robe rouge brodée d'or. Élisabeth, elle, est vêtue de bleu, une teinte froide, tout comme sa coiffe gris-bleu. Couleurs froides et couleurs chaudes se marient bien sous les pinceaux d'Arcabas. Elles sont mises en valeur par le fond blanc. Élisabeth semble plus âgée que Marie, mais son visage n'est pas ridé. Arcabas a joué sur les ombres et sur les couleurs.

Les deux femmes ont un air de famille. On peut admirer au passage les ombres légères pour rendre le volume, ainsi que le geste si naturel des bras, et en particulier la main droite de Marie.

 

Visitation peinte par Arcabas

Cette deuxième toile fait partie du polyptyque de L'Enfance du Christ, un ensemble de 11 toiles qui date de 1995-1997. Il se trouve au palais archiépiscopal de Malines-Bruxelles, dans la salle de réunion de la conférence épiscopale de Belgique.

Arcabas a su rendre la joie de la rencontre entre Marie et Élisabeth. Cette joie s'exprime par les couleurs, mises en valeur par le fond blanc, mais aussi par le mouvement. Les deux femmes sont en marche l'une vers l'autre, la position des pieds, le mouvement du manteau de Marie le soulignent.

Mais la Visitation n'est pas seulement une rencontre entre les deux cousines. Le peintre a su exprimer le mystère par les deux petites croix entre les futures mères. Ces deux petites croix, caractéristiques du style d'Arcabas, ont un sens symbolique fort : elles font pressentir la rencontre des deux enfants, le mouvement de Jésus qui vient vers Jean-Baptiste et Jean-Baptiste sanctifié dès le sein de sa mère.

La scène se passe à l'entrée de la maison : Élisabeth est sortie sur le seuil pour accueillir sa cousine. Un auvent met son personnage en valeur, et un muret, dont on aperçoit l'extrémité au niveau des épaules de Marie, délimite aussi le cadre.

La porte de la maison est entrouverte et un homme se tient dans l'embrasure. Vous l'avez reconnu c'est Zacharie. Il joue le rôle de témoin silencieux, c'est bien le cas de le dire ! Il ne retrouvera la parole qu'à la circoncision de Jean-Baptiste.

Zacharie reste dans l'ombre mais son visage est dans la lumière avec la venue de Marie, il contemple déjà le début de la réalisation des promesses de l'ange Gabriel. Bientôt, il pourra chanter son cantique d'action de grâces.

Quant à nous, nous pouvons rendre grâces pour le salut qui nous a été donné. Mieux que Zacharie, nous savons quelle libération le Christ a accomplie par sa Pâque...

Vie de Jésus en allemand - Manuscrit du XVème siècle
Musée de Condée, Chantilly

Peinture de He Qi

 


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