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Pour méditer ...

 

Piste pour méditer

Marie, nouvelle Arche d'Alliance

Échos d'une méditation de frère Nicolas Capelle

à l'occasion d'une rencontre des responsables locales

Nous connaissons le texte de Luc.

Ce n'est pas seulement la visite de Marie à sa cousine.
C'est plus fondamentalement la reconnaissance mutuelle des IDENTITÉS.

CHACUN TROUVE LÀ SON IDENTITÉ VÉRITABLE :

•  Jean, le précurseur

•  Jésus, le Seigneur

•  Marie, la mère de mon Seigneur

•  Zacharie, père de Jean.

 

Et cette reconnaissance des identités produit de la vie, de la joie, de l'allégresse, des bénédictions . de la parole

La parole qui dit l'identité véritable (celle qui est cachée en Dieu) du frère, de la sour, voilà ce que doit produire la vie fraternelle et la médiation du frère ou de la sour en responsabilité. Notre responsabilité n'est pas administrative, elle est ordonnée au chemin singulier du frère/sour.

 

Mais LUC soigne particulièrement l'identité de Marie. Il nous suggère le déploiement de son identité et sa place exceptionnelle dans l'histoire du Salut, à la charnière des 2 alliances.

Regardons.

EN LUC


Le récit de la visite de Marie chez Élisabeth en Lc 1,39-44.56 semble modelé sur celui de 2 Sam 6,2-16, qui raconte le transport de l'arche de l'alliance.

Lire 2 Samuel 6, 2-12

Les commentateurs mentionnent habituellement les points de contact suivants entre les deux passages :

1) Le voyage de l'arche et celui de Marie se déroulent dans la région de Juda (2 Sam 6,1-2 et Lc 1,39).

2) Au cours des deux épisodes ont lieu des manifestations de joie : celle du peuple et de David qui danse devant l'arche,
celle de Jean Baptiste qui tressaille dans le sein maternel.

3)  Élisabeth, comme David, lance un cri de joie :  

«Élisabeth fut remplie d'Esprit Saint, poussa un grand cri (anaphonéô) ...» (Lc 1,42)

Le verbe grec "anaphonéo" est utilisé une seule fois dans le NT (ici) et 5 fois seulement par les LXX : exclusivement pour   les acclamations liturgiques (1 Chr 16,4 ; 5.42) et spécialement celles qui accompagnent le transport de l'arche de l'alliance (1 Chr 15,28 ; 2 Chr 5,13).

Élisabeth a vu en Marie celle qui amène la sainte présence, et ne peut retenir ce grand cri d'extase qui caractérise l'apparition de l'arche, lieu de la présence du Seigneur.

« Tu es bénie entre les femmes et le fruit de ton sein est béni »

4) Une sainte crainte pénètre David et Élisabeth :

David dit : « Comment pourrait venir chez moi l'arche du Seigneur ? » (2 Sam 6,9) et
« Élisabeth. s'exclama. Comment m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?» (Lc 1,43). Le parallélisme entre « l'arche du Seigneur » et « la mère de mon Seigneur » est tout à fait remarquable, sous le jeu des transpositions on devine que Marie est la nouvelle arche.

5)   La présence de l'arche dans la maison d'Obed Edom (1 Sam 6,10.11) et la présence de Marie dans la maison de Zacharie sont des   motifs de bénédiction : "Le Seigneur bénit Obed Edom et toute sa maison . à cause de l'arche de Dieu" (2 Sam 6,11.12) -
Dès qu'Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en son sein et Élisabeth « fut remplie de l'Esprit Saint »
(Lc 1,40-44).

6) L'arche stationna dans la maison d'Obed-Edom trois mois (2 Sam 6,11) tandis que Marie resta avec sa parente « environ trois mois » (Lc 1,56)

L'évangéliste veut nous avertir que son intention principale est de ne pas se détacher du modèle littéraire de 2 Sam 6,11.
Le temps réel du séjour de Marie chez Élisabeth ne dut pas être de trois mois exactement, c'est pourquoi il recourt à l'adverbe "environ".

Mais regardons aussi, JEAN, qui va plus loin encore.

Alors que Luc suggère, Jean est très explicite.

Souvenez-vous :

Au moment de l'exil, le prophète Jérémie «  fit prendre dans le temple la tente de la rencontre et le coffre sacré pour les emmener avec lui ; il se rendit alors à la montagne d'où Moïse avait contemplé le pays promis par Dieu à son peuple. Arrivé là, Jérémie trouva une vaste caverne et y introduisit la tente, le coffre et l'autel des parfums, puis il boucha l'entrée de la caverne.Et il déclara : Ce lieu restera inconnu jusqu'à ce que Dieu ait pitié de son peuple et le rassemble de nouveau. Alors le Seigneur fera reparaître ces objets»   (2 Mac 2, 4-8)

 

Se souvenant de ce récit, Jean achève son Apocalyse ainsi : « Alors s'ouvrit le temple de Dieu dans le ciel, et son arche d'alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru. Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! »   (Ap. 11, 19- 12,2), enceinte, dont l'enfant est enlevé auprès du Trône .

Souvenons-nous, dans l'Arche il y a 3 choses :

•  les tables de la Loi

•  un peu de manne

•  le bâton de commandement d'Aaron, le premier grand prêtre des hébreux

 

Marie porte en elle la Présence de celui qui est

•  le nouveau Moïse

•  le vrai pain de vie

•  l'unique prêtre de la nouvelle alliance

 

Finalement les deux textes de Luc et de Jean alimentent la même certitude :

MARIE EST PRÉSENTÉE COMME L'ARCHE DE LA NOUVELLE ALLIANCE
QUI PORTE DÉFINITIVEMENT LA PRÉSENCE AU MONDE.

 


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