Accueil
>>
Religieuses de vie apostolique >> Année de la Vie consacrée >> Discours du Pape François

 

 

 

Discours du Pape François

Message vidéo pour la veillée de prière à Sainte-Marie-Majeure à l'occasion de l'ouverture de l'Année de la Vie Consacrée

Chers frères et soeurs,

Même si je suis loin physiquement en raison de mon service à l'Église universelle, je me sens profondément uni à tous les hommes et les femmes consacrées au début de cette année que j'ai voulu dédier à la vie consacrée.

Je salue avec affection tous les membres de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, ainsi que tous ceux qui sont présents dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, sous le regard tendre de la Bienheureuse Vierge Salus Populi Romani, pour cette veillée de prière. Avec vous, je salue également tous les hommes et les femmes consacrés qui vivent et oeuvrent dans le monde.

En cette occasion, mes premières paroles expriment ma gratitude au Seigneur pour le don précieux de la vie consacrée à l'Église et au monde. Que cette année de la vie consacrée soit une occasion afin que tous les membres du peuple de Dieu rendent grâce au Seigneur, dont provient tout bien, pour le don de la vie consacrée, en la valorisant de façon appropriée. À vous, chers frères et soeurs consacrés, va également ma gratitude pour ce que vous êtes et ce que vous faites dans l'Église et dans le monde : que cela soit un « temps fort » pour célébrer avec toute l'Église le don de votre vocation et pour raviver votre mission prophétique.

Je vous répète aujourd'hui également ce que je vous ai dit d'autres fois : « Réveillez le monde ! Réveillez le monde ! ». Comment ?

Placez le Christ au centre de votre existence. Une norme fondamentale de votre vie étant de « suivre le Christ selon l'enseignement de l'Évangile » (Perfectae caritatis, n. 2), la vie consacrée consiste essentiellement dans l'adhésion personnelle à Lui. Chères personnes consacrées, cherchez constamment le Christ, cherchez son Visage, qu'Il occupe le centre de votre vie afin d'être transformés en « mémoire vivante du mode d'existence et d'action de Jésus comme Verbe incarné par rapport à son Père et à ses frères » (Vita consecrata, n. 22). Comme l'apôtre Paul, laissez-vous conquérir par Lui, ayez ses sentiments et sa forme de vie (cf. ibid., n.18) ; laissez-vous toucher par sa main, conduire par sa voix, soutenir par sa grâce (cf. ibid., n. 40).

Ce n'est pas facile, laissez-vous toucher par sa main, conduire par sa voix, soutenir par sa grâce.

Et avec le Christ, partez toujours de l'Évangile ! Assumez-le comme forme de vie et traduisez-le en gestes quotidiens marqués par la simplicité et la cohérence, en surmontant ainsi la tentation de le transformer en une idéologie. L'Évangile maintiendra « jeune » votre vie et votre mission, et les rendra actuelles et attrayantes. Que l'Évangile soit le terrain solide sur lequel avancer avec courage. Pour vous qui êtes appelés à être des « exégèses vivantes » de l'Évangile, que celui-ci soit, chères personnes consacrées, le fondement et la référence ultime de votre vie et mission.

Sortez de votre nid pour aller vers les périphéries de l'homme et de la femme d'aujourd'hui ! Pour cela, laissez le Christ aller à votre rencontre. La rencontre avec Lui vous poussera à la rencontre avec les autres et vous conduira vers les plus nécessiteux, les plus pauvres. Arrivez aux périphéries qui attendent la lumière de l'Évangile (cf. Evangelii gaudium, n. 20). Habitez les frontières. Cela exigera de vous une vigilance pour découvrir les nouveautés de l'Esprit ; une lucidité pour reconnaître la complexité des nouvelles frontières ; un discernement pour identifier les limites et la manière adéquate de procéder ; une immersion dans la réalité, en « touchant la chair souffrante du Christ dans le peuple » (ibid., n. 24).

Chers frères et soeurs : face à vous se présentent de nombreux défis, mais ceux-ci sont faits pour être relevés. « Soyons réalistes, mais sans perdre la joie, l'audace et le dévouement plein d'espérance ! Ne nous laissons pas voler la force missionnaire ! » (ibid., n. 109).

Que Marie, femme en contemplation du mystère de Dieu dans le monde et dans l'histoire, femme prête à se hâter pour aider les autres (cf. Lc 1, 39), et pour cela modèle de tout disciple et missionnaire, nous accompagne en cette année de la vie consacrée que nous déposons sous son regard maternel.

À vous tous, participants à la Veillée de prière à Sainte-Marie-Majeure et à tous les hommes et les femmes consacrés, je donne de tout coeur ma Bénédiction, et je vous demande s'il vous plaît de prier pour moi.

Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge vous protège.

Source : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/messages/pont-messages/2014/documents/papa-francesco_20141129_video-messaggio-vita-consacrata.html

 

Vie consacrée: premier message du pape François

à l'occasion de l'Assemblée Plénière 2013 de l'UISG à Rome

8 mai 2013

Monsieur le Cardinal, 
vénéré et cher frère dans l'épiscopat, chères soeurs !

Je suis content de vous rencontrer aujourd'hui et je désire saluer chacune de vous, en vous remerciant de ce que vous faites pour que la vie consacrée soit toujours une lumière sur le chemin de l'Église. Chères soeurs, avant tout, je remercie mon cher frère le cardinal João Braz de Aviz, pour les paroles qu'il m'a adressées, et je suis content aussi de la présence du secrétaire de la congrégation. Le thème de votre congrès m'apparaît particulièrement important pour la tâche qui vous est confiée: "Le service de l'autorité selon l'Évangile". À la lumière de cette expression, je voudrais vous proposer trois pensées simples, que je laisse à votre approfondissement personnel et communautaire. 

1. Jésus, lors de la Dernière Cène, s'adresse aux apôtres par ces paroles: "Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis" (Jn 15, 16), qui rappellent à tous, pas seulement aux prêtres, que la vocation est toujours une initiative de Dieu. C'est le Christ qui vous a appelées à le suivre dans la vie consacrée et cela signifie accomplir continuellement un "exode" de vous-mêmes pour centrer votre existence sur le Christ et sur l'Évangile, sur la volonté de Dieu en vous dépouillant de vos projets, pour pouvoir dire avec saint Paul : "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi." (Ga 2, 20).

Cet "exode" de soi-même, c'est se mettre sur un chemin d'adoration et de service. Un exode qui nous conduit à un chemin d'adoration du Seigneur et de service de Lui dans nos frères et soeurs. Adorer et servir : deux attitudes que l'on ne peut pas séparer, mais qui doivent aller toujours ensemble. Adorer le Seigneur et servir les autres, en ne gardant rien pour soi : voilà le "dépouillement" de qui exerce l'autorité. 

Vivez et rappelez toujours le caractère central du Christ, l'identité évangélique de la vie consacrée. Aidez vos communauté à vivre "l'exode" de soi sur un chemin d'adoration et de service, avant tout à travers les trois pivots de votre existence.

L'obéissance, en tant qu'écoute de la volonté de Dieu, dans la motion intérieure de l'Esprit Saint, authentifiée par l'Église, en acceptant que l'obéissance passe aussi par les médiations humaines. Souvenez-vous que le rapport autorité-obéissance se situe dans le contexte plus ample du mystère de l'Église et qu'elle en constitue une mise en oeuvre particulière dans sa fonction médiatrice (cf. Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, Le service de l'autorité et l'obéissance, 12)

La pauvreté en tant que dépassement de tout égoïsme dans la logique de l'Évangile, qui enseigne à avoir confiance dans la Providence de Dieu. Pauvreté comme indication à toute l'Église que ce n'est pas nous qui construisons le Royaume de Dieu, que ce ne sont pas les moyens humains qui le font grandir, mais c'est avant tout la puissance, la grâce du Seigneur, qui agit à travers notre faiblesse. "Ma grâce te suffit, ma puissance se déploie en effet dans la faiblesse", affirme l'Apôtre des nations (2 Co 12, 9). 

Pauvreté qui enseigne la solidarité, le partage et la charité, et qui s'exprime aussi dans la sobriété et la joie de l'essentiel, pour mettre en garde contre les idoles matérielles qui obscurcissent le sens authentique de la vie. Pauvreté que l'on apprend avec les humbles, les pauvres, les malades, et tous ceux qui sont dans les périphéries existentielles de la vie. La pauvreté théorique ne sert à rien. La pauvreté s'apprend en touchant la chair du Christ pauvre, dans les humbles, dans les malades, dans les enfants. 

Et puis la chasteté comme un charisme précieux, qui élargit la liberté du don à Dieu et aux autres, avec la tendresse, la miséricorde, la proximité du Christ. La chasteté pour le Royaume des Cieux montre comment l'affectivité se situe dans une liberté mûre et devient un signe du monde à venir pour toujours faire resplendir le primat de Dieu. 

Mais s'il vous plaît, une chasteté "féconde", une chasteté qui enfante des enfants spirituels dans l'Église. La consacrée est mère, elle doit être mère et non une "vieille fille" ! Excusez-moi si je parle ainsi, mais cette maternité de la vie consacrée est importante, cette fécondité ! Que cette joie de la fécondité spirituelle anime votre existence ; soyez des mères, comme des figures de Marie Mère et de l'Église Mère. On ne peut pas comprendre Marie sans sa maternité, on ne peut comprendre l'Église sans sa maternité et vous êtes une icône de Marie, de l'Église.

2. Le deuxième élément que je voudrais souligner dans l'exercice de l'autorité, c'est le service : nous ne devons jamais oublier que le vrai pouvoir, à quelque niveau que ce soit, est le service, qui a son sommet lumineux sur la Croix. Benoît XVI, avec une grande sagesse, a rappelé plusieurs fois à l'Église que si, souvent, pour l'homme, l'autorité est synonyme de possession, de domination, de succès, pour Dieu, l'autorité est toujours synonyme de service, d'humilité, d'amour ; cela veut dire entrer dans la logique de Jésus qui se penche pour laver les pieds des apôtres (cf. Angélus , 29 janvier 2012) et qui dit à ses disciples: "Vous savez que les gouvernants des nations exercent sur elles leur domination . Il n'en sera pas ainsi parmi vous - c'est justement le thème de votre congrès, non ?  "Parmi vous, il n'en sera pas ainsi" - mais qui veut être grand parmi vous sera votre serviteur, et qui veut être le premier sera votre esclave" ( Mt 20,25-27). Pensons au tort que font au Peuple de Dieu les hommes et les femmes d'Église qui sont carriéristes, arrivistes, qui "utilisent" le peuple, l'Église, leurs frères et soeurs - ceux qu'ils devraient servir -, comme un tremplin pour leurs propres intérêts et leurs ambitions personnelles. Mais ceux-là font un grand tort à l'Église. 

Sachez toujours exercer l'autorité en accompagnant, en comprenant, en aidant, en aimant ; en embrassant tous et toutes, spécialement les personnes qui se sentent seules, exclues, arides, les périphéries existentielles du coeur humain. Gardons le regard fixé sur la Croix : c'est là que se situe toute autorité dans l'Église, là où Celui qui est le Seigneur se fait serviteur jusqu'au don total de lui-même.

3. Enfin, l'ecclésialité comme l'une des dimensions constitutives de la vie consacrée, dimension qui doit être constamment reprise et approfondie au cours de la vie. Votre vocation est un charisme fondamental pour le chemin de l'Église, et il n'est pas possible qu'une consacrée ou un consacré ne "sente" pas avec l'Église. Un "sentir" avec l'Église qui nous a enfantés dans le baptême ; un "sentir" avec l'Église qui trouve son expression filiale dans la fidélité au Magistère, dans la communion avec les Pasteurs et avec le Successeur de Pierre, évêque de Rome, signe visible de l'unité. L'annonce et le témoignage de l'Évangile ne sont jamais - et pour tout chrétien - un acte isolé. C'est important : pour tout chrétien, l'annonce et le témoignage de l'Évangile n'est jamais un acte isolé, ou celui d'un groupe, ni, comme le rappelait bien Paul VI, d'aucun évangélisateur, "en vertu d'une inspiration personnelle, mais en union avec la mission de l'Église et en son nom" (Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, 80). Et Paul VI continuait : "C'est une dichotomie absurde que de penser vivre avec Jésus sans l'Église, de suivre Jésus en dehors de l'Église, d'aimer Jésus sans aimer l'Église." (cf. ibid., 16).

Sentez la responsabilité que vous avez de vous occuper de la formation de vos Instituts dans la saine doctrine de l'Église, dans l'amour de l'Église, dans l'esprit ecclésial.

En somme, le caractère central du Christ et de son Évangile, l'autorité comme service d'amour, "sentir" dans et avec l'Église Mère : trois indications que je désire vous laisser en y ajoutant une fois encore ma gratitude pour votre travail qui n'est pas toujours facile. Qu'est-ce que l'Église serait sans vous ? Il lui manquerait la maternité, l'affection, la tendresse ! Intuition de mère.

Chères soeurs, soyez certaines que je vous suis avec affection. Je prie pour vous, mais vous aussi priez pour moi. Saluez vos communautés de ma part, surtout les soeurs malades et les jeunes. À toutes va mon encouragement à suivre avec parresia (audace, notamment dans saint Paul, ndlr) et avec joie l'Évangile du Christ. Soyez joyeuses, parce que c'est beau de suivre Jésus, c'est beau de devenir une icône vivante de la Madone, et de notre Sainte Mère l'Église hiérarchique. Merci.

Conférences de l'Assemblée plénière de l'UISG

 


Accueil | Plan du site | Liens | Glossaire | Contacts