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Des écrits sur ...

La correction fraternelle ...

Deux réflexions pour nous aider à y voir plus clair :

Une homélie du Pape François :

"Tu aimes corriger les autres ? Ça ne vient pas de Dieu."

Si nous ressentons un plaisir à corriger notre prochain, alors cela ne vient pas de Dieu. Voilà en résumé le thème développé par le Pape François dans l'homélie de la messe célébrée vendredi 12 septembre en la chapelle de la Maison Sainte Marthe au Vatican, en ce jour de la fête liturgique du Très Saint Nom de Marie.

Dans l'Évangile du jour, Jésus met en garde ceux qui voient la paille dans l'oeil de leur frère et ne se rendent pas compte de la poutre qui se trouve dans leur propre oeil. Commentant ce passage de l'Évangile, le Pape François revient sur le thème de la correction fraternelle qu'il avait déjà abordé ces jours-derniers. Avec pour idée centrale: il faut corriger notre prochain avec charité : “Nous ne pouvons corriger un personne sans amour et sans charité. On ne peut en effet réaliser une intervention chirurgicale sans anesthésie: c'est impossible, parce que sinon le patient meurt de douleur. Et la charité représente comme une anesthésie qui aide à recevoir le traitement et accepter la correction. Il faut donc prendre notre prochain à part, avec douceur, avec amour et lui parler. "

Ensuite, a poursuivi le Pape, il faut parler en vérité: Ne pas dire des choses qui ne sont pas vraies. Il arrive si souvent que dans notre entourage nous disions des choses à propos d'autres personnes qui ne sont pas vraies : cela s'appelle de la calomnie. Ou si elles sont vraies, on s'arroge le droit de détruire la réputation de ces personnes”. “Les commérages, a ajouté le Pape, blessent ; ils représentent des gifles à la réputation de telle ou telle personne, ce sont des gifles portées au coeur de l'autre”. Certes, a ajouté le Pape, “quand quelqu'un te dit la vérité, ce n'est pas facile de l'entendre, mais si cette vérité est dite avec charité et avec amour, c'est plus facile de l'accepter”. Donc, “il faut absolument parler des défauts des autres” avec charité."

La troisième chose est de corriger avec humilité : “Si tu dois corriger un petit défaut chez l'autre, pense tout d'abord que tu en as personnellement de tellement plus gros”: “La correction fraternelle est une action pour guérir le corps de l'Église. Il y a un trou, là, dans le tissu de l'Église, qu'il faut absolument recoudre. Et comme les mères et les grands-mères le font quand elles reprisent un vêtement, avec tellement de délicatesse, c'est de la même manière que nous devons exercer cette correction fraternelle. Si tu n'es pas capable de l'exercer avec amour, avec charité, dans la vérité et avec humilité, tu risques d'offenser, de détruire le coeur de cette personne, tu ne feras qu'ajouter un commérage qui blesse, et tu deviendras un aveugle hyprocrite, comme le dit Jésus. ‘Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton oeil…' Hypocrite ! Reconnais que tu es plus pécheur que ton prochain, mais que toi comme frère tu dois le corriger”.

Un signe qui peut-être peut nous aider, a ajouté le Pape, c'est le fait de ressentir “un certain plaisir” quand” l'on voit quelque chose qui ne vas pas” et que l'on estime qu'il nous faut exercer une correction: il faut être “attentifs parce qu'alors cela ne vient pas du Seigneur”: “Quand cela vient du Seigneur, il y a toujours la croix, et l'amour qui nous porte, la douceur. Ne nous transformons pas en juge. Nous chrétiens nous avons cette facheuse tentation : nous extraire du jeu du péché et de la grâce comme si nous étions des anges … Et bien non ! C'est ce que Paul nous dit : "Il ne faut pas qu'après avoir prêché aux autres, nous soyons ensuite disqualifiés". Et si un chrétien, dans sa communauté, ne fait pas les choses – également la correction fraternelle- dans la charité, en vérité et avec humilité, il est disqualifié ! Il est tout sauf un chrétien mature. Prions donc afin que le Seigneur nous aide à exercer ce service fraternal, si beau mais si douloureux, d'aider nos frères et nos soeurs à devenir meilleurs, et qu'il nous aide à le faire toujours avec charité, en vérité, et avec humilité.

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Une homélie de frère Marco
Abbaye de Tamié

à l'occasion du 23ème dimanche du temps ordinaire - A
Matthieu 18, 15-20

Le passage d'Évangile que nous venons d'entendre est tiré du chapitre 18 de l'Évangile selon saint Matthieu où l'Évangéliste a regroupé des enseignements de Jésus concernant la vie fraternelle et plus précisément dans le passage de ce dimanche ... « Comment aider un membre de la communauté qui s'est égaré à retrouver le chemin de la communion fraternelle. »

Le contexte immédiat du passage d'Évangile de ce dimanche est essentiel pour comprendre l'enseignement de Jésus sur la correction fraternelle.

Il s'agit de la parabole de la brebis égarée où on voit un homme laisser au bercail ses 99 brebis pour aller à la recherche de celle qui s'est égarée et « l'ayant retrouvée, il la charge sur ses épaules et il en a plus de joie que des 99 brebis qui ne s'étaient pas égarées.»

Et la parabole se conclut ainsi : « Votre Père qui est aux cieux veut qu'aucun de ces petits ne se perde.»

Voilà la clé d'interprétation de l'Évangile de ce dimanche « Votre Père des cieux ne veut qu'aucun de ces petits ne se perde. » (v.14).

Charles Péguy :

« ...Ce pécheur qui est parti et qui a failli se perdre par son départ même et parce qu'il allait manquer à l'appel du soir ...

Il a fait naître la crainte et ainsi il a fait jaillir l'espérance même
Au coeur de Dieu même,
Au coeur de Jésus.
Le tremblement de la crainte et le frisson, le frémissement de l'espérance.
Par cette brebis égarée Jésus a connu la crainte dans l'amour.
Et ce que la divine espérance met de tremblement dans la charité même.
Et Dieu a eu peur d'avoir à la condamner.
Par cette brebis et parce qu'elle ne rentrerait point au bercail
et parce qu'elle allait manquer à l'appel du soir,
Jésus comme un homme a connu l'inquiétude humaine,
Jésus fait homme,
Il a connu ce que c'est que l'inquiétude au coeur même de la charité... »

« Suis-je le gardien de mon frère ? »

C'est la question que Caïn pose à Dieu quand Celui-ci lui demande : « Qu'as-tu fait de ton frère ? »

C'est la question que le Seigneur nous pose à nous aussi ce matin :
« Qu'as-tu fait de ton frère, de ta soeur qui vit une situation d'égarement ? »

Nous retranchons-nous dans l'indifférence, faisons-nous l'autruche ou entrons-nous dans un jugement dur et sans appel ?

Ou, par contre, sommes-nous habités par cette crainte, par ce tremblement de la crainte, à cause de ce frère, à cause de cette sœur, qui risque de se perdre ?

L'Évangile nous rappelle, que nous, chacun de nous - moi - nous ne sommes pas à l'abri de prendre un mauvais chemin, nous ne sommes pas à l'abri de nous égarer, un jour.

Heureux serons-nous si une parole, une main fraternelle nous sera donnée pour retrouver le chemin de la vie ...

C'est ensemble, en fraternité, en communauté d'Église que le Seigneur nous appelle à vivre sur cette terre jusqu'au jour où il nous accueillera ensemble dans le Royaume. Je laisse la parole une dernière fois à Charles Péguy.

« Il faut se sauver ensemble ...
Il faut arriver ensemble chez le Bon Dieu.
Il faut se présenter ensemble, il ne faut pas arriver trouver le bon Dieu les uns sans les autres.
Il faudra revenir tous ensemble dans la maison de notre Père.
Il faut aussi penser un peu aux autres ; il faut travailler un peu (les uns) pour les autres.
Qu'est-ce qu'il nous dirait (le bon Dieu) si nous arrivions les uns sans les autres ? »

Site de l'abbaye de Tamié



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