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Psaume 22


1 Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
2 Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
3 et me fait revivre;
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

4 Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi:
ton bâton me guide et me rassure.

5 Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

6 Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie;
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

 

Le psaume lu par Jean-Damien Barbin
Site "Psaume dans la ville"

 


Nous prions le psaume du 4ème dimanche du temps pascal de l'année A.

 


Ce psaume est attribué à David, le berger, mais aussi aux prophètes,
comme Isaïe, Jérémie, Ezéchiel.

Dans les strophes 1, 2, 3 :

Dieu est le berger qui conduit son peuple, dans les bons comme dans les mauvais jours.

Israël est le troupeau (Jérémie 13,17 ; Michée 7,14 ; Nombres 27,16-17)

Le peuple était un peuple de nomades et leurs troupeaux étaient leurs principales richesses. Leurs soucis : trouver des prés verdoyants, des sources d'eau et protéger leurs troupeaux des bêtes féroces et des voleurs.

Dieu choisi des bergers selon son cour : Moïse, Josué, David . et leur confie son troupeau.

Mais ils n'ont pas toujours été de bons bergers et ont été infidèles à la mission que Dieu leur avait confiée. (Ezéchiel 34,2-6 ; Isaïe 56,10 ; Jérémie 2,8 )

Dans le livre de l'Exode, Dieu donne sa force à Moïse : « Lève ton bâton, étends ta main sur la mer et fends-la. » (Exode 14, 16)

C'est alors que Dieu lui-même devient berger de son peuple :

« C'est moi qui ferai paître mes brebis, c'est moi qui les ferai reposer . » (Ezéchiel 34,15-16)

Puis Dieu annonce la venue d'un berger qui sauvera Israël. (Jérémie 23,5)

 

 

Les strophes 4, 5, 6

Dans le berger annoncé, les chrétiens reconnaîtront Jésus. (Jean 10, 9-14) Un hôte qui sait accueillir, donner, rendre heureux.

Jésus est bien le Fils de ce Dieu. Le bon berger qui ne s'enfuit pas quand survient le loup. Au contraire, il donne sa vie pour ses brebis. (Jean 10, 11-15 - Matthieu 18, 12)

Le bâton sert au berger pour défendre et conduire le troupeau, mais aussi pour le rassembler.

Quand Jésus voit des disciples le quitter après la multiplication des pains, il leur demande : « Voulez-vous partir vous aussi ? » (Jean 6, 67-68)

Avec les images de la table, de la coupe, de l'huile parfumée,
de la maison :

Le repas ne signifie pas seulement le fait de manger, de se rassasier, mais celui de se rassembler, de communier ensemble (Apocalypse 3,20) avec l'image de la coupe, où Jésus se donne jusqu'au sang pour sceller une Alliance nouvelle est définitive.

Au temps des premiers chrétiens, ce psaume était proposé aux nouveaux baptisés, en la nuit pascale.

Plongé dans l'eau du baptême "eau qui fait revivre",

Allant vers la confirmation "où l'on répandait le parfum sur leur tête",

Avant d'être introduit à l'Eucharistie "la table préparée pour eux".

C'est le Christ qui nous faits revivre dans les eaux du baptême, c'est lui qui répand l'Esprit, c'est lui qui nous a préparé la table de son Corps livré, de la coupe de son Sang versé, c'est lui qui mène les hommes jusqu'à la maison du Père où tout est grâce et bonheur !

 

Le repos sur des prés d'herbe fraîche, l'eau tranquille, les ravins de la mort ne sont que des étapes sur ce chemin qui conduit à la maison de Dieu, à la vie avec Dieu, pour la durée de nos jours, ici-bas, mais aussi pour l'éternité.

Dans un monde où plus rien ne va, où tant d'hommes, de femmes et d'enfants souffrent de la guerre, des catastrophes, de la faim, des agressions, du sous-développement, de soins médicaux .

On ne peut pas être heureux tout seul ! Mais faut-il pour cela renoncer à la joie intérieure ?

Frère Roger prieur de Taizé disait :

« Nous découvrons au creux de notre personne, le Christ ressuscité, il est notre fête ! Savoir les drames présents est intolérable, car l'homme, pour nous, est sacré. Comment rester les bras ballants face à l'homme victime de l'homme ? Mais, dans notre soif de participer à une justice plus grande, irions-nous jusqu'à renoncer à la fête intime offerte à tous chrétiens ?

Vivre la fête empêcherait-il d'entrer dans le combat et la lutte pour la justice ? Au contraire. La fête est animée par le Christ en des hommes et des femmes pleinement lucides sur la situation du monde et capables d'assumer les événements les plus graves . »

(Du livre : « Ta fête soit sans fin » Presses de Taizé - édition 1971)

Oui, il y a une sorte de " devoir d'être heureux " à condition de mettre ce bonheur dans un essentiel et de le vouloir pour tous. Il serait grave que les chrétiens apparaissent comme des gens désespérés et tristes !

« Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie. »

Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui, face à la société de consommation, recherchent un autre bonheur, car l'homme ne vit pas simplement de pain ni de supermarchés, ni de plaisirs . Ils découvrent d'autres joies plus profondes. L'expérience de la vie avec Dieu fait partie de ces joies secrètes : « Car Tu es avec moi. - Je ne manque de rien. »

Ce psaume nous invite aussi à contempler les fleurs des champs, les sources, les prairies, les tables où nous recevons nos amis, les maisons qui nous abritent. Beaucoup de joies simples sont là, à notre portée. Alors !

Pourquoi ne les prendrions-nous pas ?
Pourquoi ne les donnerions-nous pas aux autres ?

 

Ce psaume nous invite aussi à comprendre que l'amour de Dieu n'a pas de limites.

Dieu veut que nous habitions dans sa maison, pas seulement pour la durée de nos jours ici-bas, mais pour l'éternité.

 


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