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Psaume 44

En ce dimanche de l'Assomption de la Vierge Marie, la liturgie du jour nous donne de méditer quelques strophes de la deuxième partie du psaume 44.

 

11 Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
12a le roi sera séduit par ta beauté.

 12b Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
13 Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
chargés de présent, quêteront ton sourire. 

14 Fille de roi, elle est là, dans sa gloire, vêtue d'étoffe d'or ;
15 a On la conduit, toute parée, vers le roi. 

15b Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
On les conduit parmi les chants de fête :
16 elles entrent au palais du roi.

 

Ce psaume est un psaume prié lors de l'intronisation
du roi et de son épouse.

Ce psaume se situe dans la série dite « messianique », qui vise un homme ayant reçu de Dieu l'onction royale.
Il se situe au moment très particulier des noces du roi avec une princesse royale dont on ignore l'identité.
Il s'apparente de très près au Cantique des Cantiques.

« Écoute, ma fille, regarde et tend l'oreille »

Dans ce verset, le psalmiste s'adresse à la future épouse en lui faisant respectueusement la leçon. Il la prie avant toute chose de l'écouter, de veiller à être attentive, à  « tendre » l'oreille.

Ne pas en être étonné. Le psalmiste parle à la future épouse du Roi-Messie, le langage de la Loi, que nous retrouvons dans Deutéronome 6,4-6 :
« Écoute, Israël . » 

S'il n'est pas précisé à quoi elle doit se rendre attentive, c'est qu'elle ne peut l'être qu'au visage du Roi qui est là et dont la parole est si intérieure parfois, si secrete, si murmurée doucement, qu'il faut faire taire toutes choses à l'entour pour bien l'entendre, comme pour bien l'admirer.

« Oublie ton peuple et la maison de ton père
Le Roi sera séduit par ta beauté »

La parole quand elle est accueillie entraîne la conversion du cour et de toute la vie. Comme Abraham, un étranger, entendit un jour l'appel de Dieu à tout quitter et y obéit. (Genèse 12,1-4)
De même la future épouse doit renoncer d'abord à tout ce qui fait d'elle une étrangère, venant d'un pays étranger. Elle doit renoncer à son passé, à son peuple et à la maison de son père c'est-à-dire à tout ce qui l'attachait et la retenait encore, pour mériter d'être introduite en l'intimité du Roi. L'union est au prix de cette première rupture. Alors elle verra le Roi « s'éprendre de sa beauté ».

« Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui »

Mais cela ne devra pas lui faire oublier qu'en même temps qu'époux, il est son Seigneur et que la véritable attitude devant lui qui convienne est celle de l'adoration, de l'adoration amoureuse, « de l'humilité amoureuse » (Saint Ignace de Loyola, dans son Journal Spirituel)

« Alors les plus riches du peuple chargées de présents, quêteront ton sourire. »

Les plus riches, les plus puissants, se découvrent soudain pauvres et démunis en présence de l'épouse, ils éprouvent la nécessité de passer par elle, de recourir à son intercession, à son sourire et à son amour pour le Roi, pour obtenir de celui-ci des faveurs.

« Fille de Roi elle est là, dans sa gloire vêtue d'étoffes d'or
on la conduit, toute parée, vers le Roi »

Ainsi, tous les peuples sont là pour admirer et célébrer « la fille de Roi » quand elle fait son entrée dans la salle, qui est celle du trône et des noces, où l'attend son époux.

Ce qui fait la beauté de l'aimée, ce sont ses atours, ses bijoux, l'or de sa robe. La beauté de l'épouse est une beauté reçue, qu'elle ne tient pas d'elle-même, mais de son époux, comme le dit Ézéchiel 16,14 : « ... grâce à la splendeur dont je t'avais revêtue ».

« Des jeunes filles, ses compagnes lui font cortège
on les conduit parmi les chants de fête elles entrent au palais du roi »

À la suite de la bien aimée, sur ses traces, des jeunes filles pénètrent au palais du Roi. C'est toutes les nations de la terre qu'attire au Seigneur, à sa suite, l'âme qui se livre entièrement à son amour. Elle ne peut aller à Dieu qu'avec tout son peuple. Toutes ont part à l'intimité du roi et connaissent la même joie et l'allégresse des noces.

« Écoute » c'est la première requête que le Seigneur adresse à chacun de nous :
..................."Celui-ci est mon fils bien aimé écoutez-le." (Luc 9, 33)

Ce fut aussi la vraie béatitude de la Vierge Marie (Luc 11, 28)
......« Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

Ce psaume que l'Église nous propose pour la fête de l'Assomption de la Vierge Marie veut nous montrer que c'est elle qui a inauguré le banquet messianique aux noces de Cana.

Et elle était présente à l'heure de Jésus aux noces sanglantes de la Croix. Comment n'aurait-elle pas été associée à la Gloire du Roi ?

Si l'Église est l'épouse bien aimée de Dieu, dans le Christ, Marie en est l'icône la plus parfaite. Le monde d'aujourd'hui est à la recherche de modèles et de symboles. Marie est ce sommet d'humanité, cette amoureuse parfaite de Dieu dont le nom subsiste d'âge en âge.

Marie, Reine de l'Église est accueillie au ciel, à la tête des élus, elle inaugure à la suite de son Fils, la fête de l'Alliance de Dieu avec l'humanité.

Dans la liturgie des Heures, nous retrouvons cette partie du psaume le lundi de la
2ème semaine à l'office des vêpres et la 4ème semaine à l'office du milieu du jour, du temps ordinaire.

 

Avec toute l'Église, fêtons la Vierge Marie élevée dans la Gloire de son Fils, associons-nous aux rassemblements qui ont lieu autour de nous.


Là où nous sommes, prions Marie, élevée dans la gloire du ciel, à toutes les intentions que nous portons dans nos cours, celles de l'Église, celles du monde.
Sachons aussi rendre grâce en ce jour, louons Marie Reine du ciel et de la terre.

 


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